activité à faire pendant le confinement

Que faire pendant le confinement ? Les enseignements de spécialistes

Par Nathalie

La question se pose une nouvelle fois ! Que faire pendant le confinement ? Il ne s’agit évidemment pas de collectionner les rouleaux de papier WC ! Je vous propose de nous inspirer des pratiques des spécialistes du confinement pour mieux vivre cette période et la transformer en opportunités pour “le monde d’après“.


Rencontre avec un astronaute et un sous-marinier

J’ai eu dans mon parcours d’entrepreneur(e), l’occasion de faire partie de l’APM (Association Progrès du Management) fondée par Pierre BELLON (fondateur de SODEXO) . Cette association reste une source d’inspiration et d’enrichissement pour moi . Je vous propose de partager l’un des Live organisé en avril 2020 avec les témoignages de deux experts du confinement . Nous sommes alors au début de la première phase en France.

  • Michel Tognini est astronaute . Il a voyagé deux fois dans l’espace , la première en 1992 avec Soyouz sur MIR et la seconde en1999 avec Columbia
  • François Dupont est sous-marinier et a dirigé le “Triomphant” avant de devenir Amiral

Bien sur, il y a des différences entre leurs contextes et le nôtre : Ils sont confinés volontaires, nous sommes confinés forcés. Mais je ne peux m’empêcher de penser que dans un cadre individuel, familial ou professionnel, nous avons de grands enseignements à tirer de leurs expériences et qu’il est possible de sortir grandi de cette période inédite.


APM Live : Activités pour mieux vivre le confinement (conseil de spécialistes)

Comment tenir quand il n’y a pas d’échéance de fin ?

Ne pas avoir de perspective de sortie de crise , ne pas savoir quand nos vies vont redevenir normales, quand nous pourrons “recommencer à vivre” … C’est pour la population , une source de grande déprime et de forte inquiétude . En dehors du confinement, c’est aussi une situation que nous rencontrons dans notre vie à de multiples occasions. Que peuvent nous apporter nos astronautes et sous-mariniers à ce sujet ?

Dans un sous-marin, il y a 111 hommes et femmes volontaires avec une mission de 70 jours. C’est choisi, le délai final est connu et…. cerise sur le gâteau, il y a un coiffeur à bord. Sauf accident ou mission stratégique / tactique de dernière minute, les choses semblent claires.

Dans une station spatiale, on parle plus volontiers de quarantaine plutôt que de confinement . Les astronautes partent pour une mission. Elle est censée durer 6 mois , mais ils ne comptent pas les jours restant volontairement. En effet, personne ne connait l’issue de l’histoire

Pour nos deux experts,une échéance de fin de mission est probable , mais ils nous alertent sur le fait que tout peut arriver . Se focaliser sur une échéance avec un compte à rebours est source d’importantes désillusions . Plutôt que d’attendre une date de fin de confinement il vaut mieux fixer son attention sur deux points :

  1. Donner du sens à ce qui nous arrive : Nous sommes comme eux un peu “en mission”. Il s’agit pour certains de sauver des vies, pour d’autres de se protéger ou prendre soin de ses proches plus fragiles. A nous de trouver l’utilité de notre geste qui a du sens.
  2. Se concentrer sur le présent et vivre pleinement chaque jour plutôt que se focaliser sur une hypothétique date de fin – Pour y parvenir , une pratique de la méditation peut aider à nous recentrer sur la seule réalité qui soit, le présent ici et maintenant. Cette nécessité de revenir dans le temps présent me rappelle la citation du Dalaï Lama :

Ce qui me surprend le plus chez l’homme occidental, c’est qu’il perd la santé pour gagner de l’argent, et il perd ensuite son argent pour récupérer la santé. A force de penser au futur, il ne vit pas au présent et il ne vit donc ni le présent , ni le futur. Il vit comme s’il ne devait jamais mourir , et il meurt comme s’il n’avait jamais vécu.


Comment vaincre la peur de l’incertitude ?

Cette période est source d’incertitude : pour notre santé et celle de nos proches, pour notre travail, les quinquas sont en effet plus touchés que les autres par cette période . La peur peut prendre la place et conduire à des comportements destructeurs. Comment nos astronautes et sous-mariniers gèrent-ils ce stress ?

Le temps est artificiel , mais le maintien d’un rythme est indispensable

Dans l’espace, le temps est artificiel. Pour 24 heures sur terre, un astronaute verra 16 alternances de jours et de nuits. Dans un sous-marin immergé dans le noir abyssal , il est nécessaire de maintenir un rythme Jour/nuit d’éveil et de sommeil régulier ainsi qu’une structuration hebdomadaire du temps.

Les journées sont organisées avec des activités du lever jusqu’au coucher. Les repas sont des temps de synchronisation sociale indispensables. Cela permet au cerveau de s’appuyer que quelque chose de stable qui ne le met pas en stress comme peut le faire l’incertitude.

Compenser l’incertitude anxiogène par une vie structurée autour de rituels sécurisants

Nos experts nous invitent donc à organiser notre agenda de la semaine ou du week-end, avec des tâches qui récurrentes un peu comme se lever, se laver les dents ou prendre ses repas. Le matin étant plus court que l’après-midi, ils préconisent de manger un peu plus tard (vers 13h) pour mieux couper la journée en deux temps de même durée.

Il est également nécessaire de bien différencier les activités de la semaine des activités du weekend en maintenant une coupure nette et des espaces de détente. A garder en tête lorsque l’on est en télétravail !


Se préserver avec une organisation en 3 temps

Même dans l’espace, nos astronautes ont des moments pour eux, pour se détendre, se distraire. En fait le temps dans l’espace est divisé en 3 : 1/3 du temps est réservé aux expériences scientifiques, 1/3 du temps pour entretenir et réparer la station spatiale, et 1/3 de temps pour l'”entretien de soi”. Les sous-mariniers programment également des temps de distraction et la possibilité de disposer d’un espace pour s’isoler du groupe.

Côté “activités”, nos experts préconisent donc d’organiser notre temps en 3 phases :

  • Un temps pour soi . Il semble indispensable en situation de confinement de prendre encore plus soin de soi. Pratiquer d’un instrument, faire du sport, jardiner . ce temps de retrait et de déconnexion permet de se ressourcer et se reconnecter avec ses motivations personnelles . Il permet également de réguler les moments d’émotions qui peuvent avoir un impact sur l’ambiance générale et le collectif confiné.
  • Un temps pour la gestion de son environnement . Le cadre de vie doit rester attractif, propre, entretenu , c’est indispensable dans un environnement confiné pour la survie (dans leurs cas) , pour la santé et pour l’esprit.
  • Un temps professionnel et tourné vers un projet : c’est le temps social à proprement parlé qui induit de maintenir des interactions sociales de bonne qualité.

Que faire pendant le confinement pour structurer nos journées ?

Pratiquer un sport quotidiennement

Les astronautes font près de 2h30 par jour de sport pour vaincre les effets de la pesanteur et l’effet de la sédentarité. Côté sous-marinier, le sport occupe également 1 heure par jour. Il est perçu comme indispensable pour évacuer les émotions négatives et éviter que certaines situations collectives ne dégénèrent..

Vous trouverez quelques idées pour vous remettre au sport à la cinquantaine et vous lancer dans de nouveaux défis sportifs sur le blog Cinquantaine Attitude.

Redécouvrir les activités artistiques et musicales

Nos spationautes emportent également avec eux un instrument de musique. Pour Thomas Pesquet il s’agissait d’un Saxophone . La station est à présent largement équipée pour faire un groupe de musique … Les activités créatives permettent de se recentrer sur l’instant et d’exprimer ses émotions.

Maintenir un contact avec la nature

La station spatiale dispose d’un potager qui outre les expériences scientifiques réalisées, permet aux astronautes de garder un contact avec la nature . Il est parfois nécessaire dans nos vies citadines de nous rappeler qu’elle est indispensable à notre équilibre humain.

Activité confinement et nature

Débuter de nouvelles activités d’apprentissages

Le confinement est aussi une opportunité pour se projeter sur des activités dites de temps long. Celles que l’on n’a pas le temps de faire autrement comme faire son album de famille ou apprendre de nouvelles choses. Il est important à ce stade de bien respecter son propre rythme. C’est donc le bon moment pour se former, explorer de nouveaux territoires, assouvir sa curiosité.


Comment maintenir un climat apaisé en espace restreint ?

Ce sujet est un point clé tant pour les astronautes que pour les sous-mariniers. La promiscuité et parfois l’exiguïté des lieux est de nature à créer des tensions dans le groupe . Peut être avez vous déjà vécu ce fait avec vos enfants ou au sein du couple . Comment nos spécialistes gèrent ce type de situation ?

Adopter une communication non violente et apprendre à se dire les choses

Coté astronautes, l’équipage est hyperconnecté et peut téléphoner à sa famille. Pour prévenir les conflits au sein de la station, on les met en situation de stress et de conflit au sol de manière a ce qu’ils apprennent à se dire les choses. Ne pas garder ses frustrations pour soi et se transformer en “cocotte minute “, les exprimer sans agresser son interlocuteur. Il est normal de les ressentir et important d’en parler pour pouvoir les traiter.

Bienveillance et attention à l’autre

Côté sous-mariniers, l’équipage est a un stage de cohésion. Le commandant du sous-marin veille à la météo de l’équipage, est attentif à ceux qui s’isolent . Il s’appuie sur des hommes et femmes clés qui ont la capacité à remonter le moral et l’ambiance générale. Il doit y avoir une certaine bienveillance et une attention particulière à certains moments clés de l’année comme les fêtes par exemple.

Une place et une autorité reconnue pour chacun au sein du groupe

Pour prévenir les conflits, chaque membre de l’équipe ou de la famille doit être valorisé et reconnu dans son rôle . C’est l’occasion de déléguer certaines tâches. On reconnait ainsi à l’autre (Nos enfants ?) une certaine autorité dans son domaine. C’est une manière de respecter et reconnaitre autrui. Chacun doit se sentir utile.

Il est également important de prévoir des temps de respiration dans le mesure du possible entre lle collectif et l’individuel.

Enfin, il faut rester attentif à la communication qui règne dans la famille en s’appuyant sur des pratiques par exemple de communication non violente.


Etre attentif à la manière de nourrir son cerveau

L’attention est attirée par nos spécialistes sur la manière de nourrir notre cerveau pendant cette période . Les médias, journaux et réseaux sociaux véhiculent des informations anxiogènes qui vont exacerber les peurs et angoisses . Il est important pendant cette période d’être proactif, faire une diète médiatique et choisir ses sources d’information pour se nourrir d’informations positives et factuelles.

Une opportunité pour faire avancer des projets long terme ?

Le confinement est également l’occasion d’occuper son cerveau avec des projets sur des temps longs comme de nouveaux apprentissages ou des sujets que l’on n’a pas le temps de faire d’habitude. Le fait d’initier ce type de projet permet de “garder le contrôle” sur ce qui se passe, avoir un sentiment de progression vers de nouveaux horizons.

Sortir grandi de cette expérience

En résumé, nous sommes un peu contraints de venir toucher nos limites et nous redécouvrir dans ces situations inédites. Nos astronautes et sous mariniers ont pu expérimenter les facultés d’adaptation du corps humain et de notre mental. Ils sont confiants sur nos capacité individuelle et collective à faire face et à sortir grandi de cette expérience.

Côté famille, c’est aussi l’occasion de faire monter en autonomie notre entourage , mettre en perspective notre quotidien, redonner du sens à notre vie, et nous réaligner sur nos valeurs.

Et après ?

Le retour à la vie normale nécessite une période de transition. Les rôles ont changé, les habitudes ont évoluées et nos spécialistes nous invite à prévoir un “sas de décompression” . Ils insistent sur la nécessité dès à présent de préparer l’après …

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